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Isabelle Cahour, adjointe à la VPAA

Isabelle Cahour est adjointe à la Vice-présidence pour les affaires académiques qui est en charge de la stratégie et des activités liées à la formation et à la recherche au sein de l'EPFL. Elle administre également la FEE : Fondation pour les Etudiants de l’EPFL. Très investie dans les projets liés à la qualité de vie sur le campus, Isabelle Cahour collabore régulièrement avec l’équipe durabilité sur des sujets comme la mobilité douce ou l’aménagement du campus. La question qui lui sert de fil rouge: « Que peut-on faire pour rendre la vie à l’EPFL plus conviviale ? »

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle au sein de la FEE ?
La Fondation a été créée en 2002, son rôle est de soutenir des projets en faveur de l'ensemble de la communauté estudiantine et d’apporter une aide financière aux étudiants éligibles. Notre rôle est de faciliter la vie des étudiants : nous avons été amenés à financer des infrastructures pour l’aménagement du campus et pour la mobilité douce, ainsi que l’ameublement de certains des logements étudiants. En 2009 par exemple, la FEE a financé l'installation des 5 bornes initiales de vélos en libre-service situées sur le campus EPFL-UNIL. Nous avons aussi soutenu l’installation des polygrills et un service de BookCrossing.

Quel a été votre parcours ?
Je travaille à l’EPFL depuis 22 ans (!!!), et j’ai eu l’opportunité de travailler pour diverses unités, principalement dans le cadre de la formation. J’ai commencé par travailler dans le cadre de l’insertion professionnelle, puis géré pendant quelques années les associations d’étudiants, aidé à la mise en place du centre de langue, pour ne citer que quelques-uns des projets qui m’ont occupée. J’aime travailler selon les opportunités : comme l’EPFL offre un terreau très fertile en la matière, j’ai pu développer des compétences et connaissances très transversales, en côtoyant bon nombre de personnes.

L’expérience, le projet dont vous êtes la plus fière ?
Sans hésiter et pour reprendre les mots de je ne sais plus qui, « Celui qui va venir ! » Je détesterais faire tout le temps la même chose, une fois qu’un projet est fait, j’aime me demander « what’s next ? » De tous les projets que j’ai eu à gérer, il n’y en a aucun qui ne se soit déroulé comme je l’avais imaginé initialement. Je me suis demandé bien des fois « mais pourquoi suis-je allée mettre mon nez là-dedans ». Au final cependant, la plupart d’entre eux a montré un bilan positif de par les expériences et connaissances et qu’ils ont pu m’apporter. Même (et peut-être surtout) ceux qui n’ont pas abouti…. Une des plus grandes satisfactions est évidemment de voir que certains projets auxquels j’ai été associée ont contribué à amener un réel « plus » dans le quotidien du campus, que ce soit au niveau organisationnel ou dans la vie courante de ses « habitants ».

Que retenez-vous de votre participation à Act for Change ?
Son côté ludique ! Nous avons formé une équipe avec des collègues, et c’était assez amusant de voir l’esprit de chacun s’exprimer. Je les côtoie quotidiennement, mais ça a été l’occasion de nous voir autrement, dans un autre contexte, et cela fait du bien ! Je retiens notre participation à la « soupe à la courge », où l’un de mes collègues, par ailleurs très sérieux, est arrivé avec un mug plus gros que lui (je pense qu’il avait peur de manquer…). C’était léger mais cela nous a bien fait rire. Les membres de notre équipe ont de longue date une bonne conscience du développement durable et nous essayons d’aller dans ce sens quotidiennement. Ce projet s’est avéré très fédérateur et nous a permis de découvrir que nous pouvions en faire encore un peu plus, en modifiant d’autres aspects de nos comportements, sans pour autant perdre en confort.

Le challenge m’a aussi apporté beaucoup d’informations et la projection du film Demain, à laquelle j’ai assisté, était une jolie conclusion. Il en ressort des initiatives simples, souvent conviviales (notre monde en a bien besoin !), et avec des conséquences étonnantes. J’ai particulièrement aimé son message optimiste (sans pour autant être angélique), qui dit en résumé que l’on peut faire des choses nécessaires sans que cela soit casse-pieds.

Votre prochain défi pour un mode de vie plus durable ?
Utiliser moins ma voiture. Quand il fait beau je suis souvent en vélo… mais c’est facile ! Je pense que je pourrais utiliser plus les transports publics, notamment en hiver. Je dois pour cela lutter contre mes petites habitudes que je qualifierais de pantouflardes…

Votre rêve le plus fou pour un campus plus durable ?
C’est plus un souhait qu’un rêve, et je crois que je le partage avec beaucoup : cela concerne les déchets sur le campus. On a une chance incroyable, nous avons une diversité fantastique dans l’offre de restauration. Mais je vois également les poubelles qui s’amoncellent et cela me pose un vrai problème (pas seulement sur le campus d’ailleurs). Aujourd’hui tout le monde fait ses courses avec des sacs réutilisables, ce qui il y a quelques années n’aurait pas été imaginable. C’est devenu un réflexe. Il faudrait instaurer le même changement de paradigme pour la vaisselle. Ce n’est pas simple, mais il faut qu’on trouve le truc. L’intermédiaire qui consiste en la vaisselle compostable ou les consignes serait un bon premier pas. Je ne suis pas la première à me poser la question et si la solution était simple elle aurait déjà été trouvée, mais ce n’est pas une raison pour lâcher le morceau : laissons travailler notre créativité, elle a parfois fait des merveilles. De toute manière, nous ne pouvons plus continuer à produire de telles masses de déchets ; c’est une évidence.