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L'interview de Jacques Simonin, responsable du Point Vélo

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Jacques Simonin est le père fondateur et exploitant du Point Vélo de l’EPFL depuis 12 ans. Il s’est prêté au jeu de nos questions.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre métier ?

Comme mon CV l’indique, ma carrière est déjà longue, puisqu’elle a commencé avec un diplôme de Génie civil à l’EPFL en 1972. Il est d’ailleurs amusant de constater que j’ai commencé mes études à l’EPUL (Ecole Polytechnique Universitaire de Lausanne) pour les terminer à l’EPFL, fédéralisée en 1969. Cela reste un souvenir lumineux d’une belle époque, insouciante et passionnante.

Quel a été votre parcours ?

J’ai ensuite travaillé dans un bureau d’ingénieurs et bâti quelques ponts en Suisse romande, avant de rejoindre mon épouse aux Antilles et de fonder un bureau d’ingénieurs spécialisé dans la construction des hôpitaux. En parallèle, j’ai développé la construction d’éoliennes et de chauffe-eau solaires et j’en ai ainsi posé des milliers dans cette magnifique région ensoleillée et bien ventée. Je suis revenu en Suisse en 1999 où j’ai développé quelques affaires avec la Chine, dont l’importation des premiers vélos électriques. C’est là que j’ai rencontré l’ancien chef du domaine immobilier de l’EPFL avec lequel nous avons lancé le Point Vélo en 2005.

L’expérience ou le projet dont vous êtes le plus fier ?

Pour ne parler que de l'époque la plus récente du Point Vélo, je suis particulièrement heureux d’avoir réussi à mettre en place le recyclage des vélos abandonnés. C’est une boucle très vertueuse, qui débarrasse les parkings des vélo-ventouses, donne du travail à des assistants-étudiants de l’EPFL et propose des vélos à bas prix pour les plus petits budgets. Je suis aussi très reconnaissant à la Fondation des étudiants de l’EPFL (FEE), qui subventionne fidèlement cette activité depuis de nombreuses années.

Comment avez-vous vu évoluer les questions de mobilité au cours de ces dernières années ?

L’essor du vélo est spectaculaire et l’activité du Point Vélo s’en ressent bien sûr. Je passe bientôt toute la semaine sur le site tant il y a de travail à accomplir. En plus, le vélo a retrouvé son aura et il est parfaitement tendance, sous toutes ses formes, du vélo en bambou au VTT hightech électrique, en passant par le vieux vélo de course ou la belle bécane hollandaise, de 50.- à 10'000.-. Les progrès impressionnants réalisés sur les vélos électriques modifient également très rapidement le marché, en offrant à tous une approche plus santé mais moins sportive, qui convient particulièrement bien pour les trajets quotidiens.

Votre prochain défi pour un mode de vie plus durable ?

Je pars de plus en plus le week-end en vélo électrique avec un vieux pote pour retrouver les merveilleuses sensations de liberté et de nature sur les sommets du Jura ou du Valais. J’embarque deux batteries et je me retrouve comme un jeune homme dans la chanson de Montand : « Quand on partait de bon matin / Quand on partait sur les chemins /A bicyclette… ».
 

Votre rêve le plus fou pour un campus plus durable ?

Mon rêve est en train de se réaliser : le moment où il y aura plus de place de parc pour les vélos que pour les voitures sur le campus, avec des économies d’infrastructures extraordinaires et des réductions de nuisances spectaculaires.

 

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Jacques Simonin is the founding father of the EPFL Bike Center, which he has been managing for 12 years. He took the time to answer our questions.

Can you tell us more about your profession?

As my résumé states, my career is a long one, since it started with a degree in civil engineering at EPFL in 1972. Incidentally, it’s amusing to note that I began my studies at EPUL (University Institute of Technology of Lausanne) and finished them at EPFL, which was federalized in 1969. It remains a happy memory of a lovely, carefree and fascinating era.

What was your professional path?

I then worked in an engineering firm and built a few bridges in Western Switzerland, before joining my wife in the West Indies and founding an engineering firm specialized in the building of hospitals. In parallel, I developed the construction of wind turbines and solar water heaters, and installed several thousand of them in that beautiful, sunny and windswept region. I returned to Switzerland in 1999 and established some business with China, amongst which the import of electric bicycles. That’s when I met EPFL’s former head of real estate and we launched the Bike Center in 2005.

The experience or project you’re the proudest of?

To only talk about the Bike Center’s most recent years, I am particularly happy that I succeeded in implementing the recycling of abandoned bicycles. It’s a highly virtuous loop, that clears the parking lots of stagnant bikes, gives work to EPFL student assistants and offers low-cost bikes for people with small budgets. I am very grateful to EPFL’s Students Foundation (FEE) for its faithful subsidizing of this activity over many years.

How have you perceived the evolution of mobility issues over the past years?

The boom in cycling is spectacular and the Bike Center’s activity reflects that, of course. There’s so much work to be done that I’ll soon be spending the whole week on campus. In addition, bicycles have regained their aura and are now quite trendy in all their guises: from the bamboo bike to the old racing bike to the beautiful Dutch bicycle to the high-tech electric mountain bike, and from CHF 50 to CHF 10,000. The impressive progress achieved in electric bikes is also rapidly changing the market, offering to all a healthier but less sporty approach that is particularly well suited to daily commutes.

Your next challenge for a more sustainable lifestyle?

I go increasingly often at the weekend on an electric bike with an old buddy to experience once more the wonderful feelings of freedom and nature on the heights of the Jura or the Valais. I take two batteries with me and I feel like a young man in Montand’s song: “When we left in the early morning / When we left on the trails / On our bicycles…”.

Your craziest dream for a more sustainable campus?

My dream is actually coming true: the time when there will be more parking spaces for bicycles than for cars on the campus, with extraordinary savings on infrastructure and spectacular reductions in nuisances.